La méditation

Un sage a dit un jour « qu’un pouvoir ne peut être exercé que lorsqu’il est bien compris ». La méditation est un pouvoir comptant parmi les nombreux cadeaux du Divin Créateur pour que nous ne nous perdions pas dans notre cheminement vers Lui. Elle est aujourd’hui connue dans le monde entier suivant des points de vue profanes, philosophiques et religieux.

 

Définition 

 

Le mot méditation du latin meditatio, -onis est  généralement perçu comme l’action de réfléchir, de penser profondément à un sujet, à la réalisation de quelque chose. Le philosophe français René Descartes se présente comme le maître de la Raison et en tant que fondateur de la méthode cartésien constituant une approche de la pensée comme vérité et comme outil de pénétration de l’homme et de l’univers, il s’est appuyé sur la méditation comme outil de découverte et d’élaboration de son système. Il écrit dans Méditations métaphysiques (1641) et dans Principes Philosophiques (1644) ceci :

 « Sed est deceptor nescio quis, summe potens, summe callidus, qui de industriâ me semper fallit. Haud dubie igitur ego etiam sum, si me fallit; & fallat quantum potest, nunquam tamen efficiet, ut nihil sim quamdiu me aliquid esse cogitabo. Adeo ut, omnibus satis superque pensitatis, denique statuendum sit hoc pronuntiatum, Ego sum, ego existo, quoties a me profertur, vel mente concipitur, necessario esse verum. » 

« Ac proinde haec cognitio, ego cogito, ergo sum, est omnium prima & certissima, quae cuilibet ordine philosophanti occurrat. »

« Mais il y a un je ne sais quel trompeur très puissant et très rusé, qui emploie toute son industrie à me tromper toujours. Il n’y a donc point de doute que je suis, s’il me trompe ; et qu’il me trompe tant qu’il voudra il ne saurait jamais faire que je ne sois rien, tant que je penserai être quelque chose. De sorte qu’après y avoir bien pensé, et avoir soigneusement examiné toutes choses, enfin il faut conclure, et tenir pour constant que cette proposition : Je suis, j’existe, est nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce, ou que je la conçois en mon esprit. » 

« Cette pensée, je pense, donc je suis, est la première et la plus certaine qui se présente à celui qui conduit ses pensées par ordre. » 

C’est sans doute avec lui que la méditation apparait dans l’Europe d’alors comme moyen de prise de conscience de l’Homme et de repositionnement de l’Être Humain comme centre et point de départ de la connaissance. C’est selon nous, avec lui que la prise de conscience de l’Homme en tant que SOI reprend ses droits dans toutes les réflexions devant conduire l’Homme des ténèbres de l’obscurantisme à la Lumière qui libère et qui élève. 

 

Mais le point de vue oriental, de la méditation apporte au mot, beaucoup plus de profondeur. Celui-ci présente à notre sens, la méditation comme la capacité qu’a l’homme, plongé dans une profonde réflexion de prendre conscience du TOUT universel et de l’absorber dans tout son être, afin  de s’unir à lui d’où le nom de YOGA pour désigner cette pratique.  Le Yoga ou Union de SOI-MÊME avec DIEU possède des aspects religieux (dans le vrai sens de religare) philosophiques (dans sa capacité à conduire la réflexion et à disposer de textes maîtres pour aider dans ce sens) et pratiques (en tant que discipline du corps, de l’âme et de l’esprit)

Le Sage Patanjali, considéré comme le père du YOGA dénombre dans ce sens, huit étapes (membres ou piliers) appelées « Ashtanga » permettant d’aboutir à cette union à savoir : 

1/ Les cinq Yamas ou règles éthiques pour conduire sa vie en société : 

          Ahimsa : La non-violence, le respect et la protection de toute vie.  

          Satya : La vérité et la parole juste.

          Asteya : Le respect de la propriété d’autrui.

          Brahmacarya : Une conduite sexuelle consciente. 

          Aparigraha : La sobriété

2/ Les cinq Niyamas ou règles et qualités personnelles  à développer et à promouvoir : 

          Sauca : Pureté du corps, des actes et de la pensée. 

          Santosa : Contentement. 

          Tapas : Ardeur spirituelle.

          Svadhyaya : Étude de soi. 

          Isvara Pranidhana : Abandon à Dieu.

3/ Asana ou façon de disposer son corps pour la pratique.

4/ Pranayama, purification par l’énergie contenue dans l’air que nous respirons (respiration consciente). 

5/ Pratyahara, la maîtrise des sens. 

6/ Dharana, la concentration.

7/ Dhyana, la méditation.

8/ Samadhi, la grande harmonie avec son Maître Intime.

 

La méditation demeure donc une activité de réflexion mais qui a l’avantage d’être normée, cadrée, organisée et constituant un processus ; c’est le principe du « TOUT EST DANS L’UN ET UN EST LE TOUT ». De ce fait, elle peut être perçue comme une démarche qui doit permettre à son utilisateur d’aboutir à un résultat. 

 

En dépit de ses multiples corolaires, le résultat reste invariable et ceux-ci ne sont que divers moyens pour y aboutir et pour en renforcer la manifestation du Maître Intime en nous. 

 

L’avis des guides avancés 

 

Nous avons pour ce travail requis les avis de guides rompus à la pratique de la méditation qu’ils considèrent comme le substratum sur lequel peut être bâti de façon fiable, une vie spirituelle riche et harmonieuse. 

L’une (Gabrielle Carmi) présente son point de vue sur la technique de méditation tandis que l’autre (Alice A. Baley) propose une réflexion sur les quatre étapes de la méditation. 

« Je pense nécessaire d’indiquer comment méditer. Il n’y a pas de méthode exclusive. Je relate mon expérience personnelle.

Pour se mettre dans l’état physique nécessaire à une bonne méditation, on peut adopter la position que l’on préfère, mais il est obligatoire d’avoir le dos droit et les membres non croisés. On peut s’asseoir à la japonaise, ou sur un siège sans dossier avec les mains à plat sur les cuisses, ou encore à genoux. L’important est d’adopter une position qui permette la relaxation totale. Il ne faut plus être gêné par son corps. Un nouvel équilibre dégagé de toute entrave extérieure s’établit et provoque le mécanisme du cheminement de la pensée. Certains arrivent à faire le vide dans leur cerveau et attendent que jaillisse l’objet de la méditation. D’autres prennent comme point de départ un son, une couleur, un mot ou une phrase qui exprime une pensée.

Le son se transforme jusqu’à la quintessence. Quant aux mots, phrases, idées, leur développement se fait seul. Les idées se coordonnent, s’assemblent sans que la pensée s’écarte du sujet. Il faut un entraînement régulier pour arriver, premièrement à être dans un état méditatif, deuxièmement à ce qu’il se maintienne et se développe, pour que la méditation soit valable et porte ses fruits. L’inspiration de chacun doit demeurer libre dans le choix de la méthode. C’est de l’intensité et de la direction donnée à l’énergie méditative que dépendent résultats et qualité de la méditation.

Si l’on prend l’habitude de méditer régulièrement pendant une assez longue période, et que l’on soit obligé de s’interrompre un certain temps, on s’apercevra, en recommençant, que le processus méditatif se retrouve facilement ».

Gabrielle Carmi, Extrait d’Archives

« Tandis que l’aspirant choisit avec soin les “objets” de sa méditation, il construit lui-même, grâce à ces objets, l’échelle qui lui permettra en définitive  d’atteindre à l’absence d’objet. Son mental prenant de plus en plus l’attitude méditative de l’âme, le cerveau devient également de plus en plus soumis au mental, tout comme celui-ci l’est à l’âme. L’homme inférieur s’identifie ainsi graduellement à l’homme spirituel, qui est omniscient et omniprésent.

Cette attitude méditative résulte d’un quadruple processus : 

  1. Méditation sur la nature d’une forme particulière, en se rendant compte, tandis que la forme est soumise à la réflexion qu’elle n’est que le symbole d’une réalité interne, notre monde objectif tangible tout entier étant fait d’un certain genre de formes (humaines, sub-humaines ou supra-humaines) qui expriment la vie d’une multitude d’êtres sensibles. 
  2. Méditation sur la qualité de quelque forme particulière, permettant ainsi d’arriver à l’appréciation de son énergie subjective. On doit se souvenir que l’énergie d’un objet peut être considérée comme la  couleur de cet objet. Les paroles de Patanjali (IV, 17) deviennent alors illuminantes à cet égard et servent de commentaire à ce second point.

Cela s’appelle “participation avec discernement” ; par elle, l’étudiant atteint à la connaissance de l’énergie en lui, laquelle est une avec l’objet de sa méditation. 

  1. Méditation sur le dessein d’une forme particulière quelconque. Cela implique la considération de l’idée qui se trouve, sous-jacente, à l’arrière-plan de toute manifestation de forme et de son déploiement d’énergie. Cette prise de conscience conduit l’aspirant plus avant vers  une connaissance de la partie du plan ou dessein du Tout, qui  constitue l’agent moteur de l’activité de la forme. Ainsi, le contact avec le Tout s’établit par l’entremise de la partie ; il s’ensuit une expansion de la conscience, comportant félicité ou joie. La béatitude suit toujours la certitude consciente de l’unité de la partie avec le Tout. La méditation sur les tattvas – énergies ou principes – ainsi que sur les tanmattras ou éléments composants de l’esprit-matière, entraîne la connaissance du dessein ou plan concernant les manifestations microcosmiques ou macrocosmiques ; or, avec cette connaissance vient la félicité. 

On peut trouver en ces trois méditations des correspondances avec les trois aspects, esprit, âme et corps ; elles constituent une étude révélatrice pour l’étudiant sérieux. 

  1. Méditation sur l’âme, sur l’Un qui utilise la forme, lui infuse l’énergie menant à l’activité et travaille à l’unisson du plan. Cette âme, étant une  avec toutes les âmes et avec l’Ame suprême, contribue à servir le plan unique et possède la conscience de groupe. 

Ainsi, par ces quatre degrés de méditation sur un objet, l’aspirant atteint son but, la connaissance de l’âme et des pouvoirs de l’âme. Il s’identifie consciemment avec la réalité unique et cela dans son cerveau physique. Il trouve la vérité qui est lui-même, en même temps que la vérité cachée en chaque forme et chaque règne de la nature. Il arrivera donc, en définitive (quand il aura acquis la connaissance de l’âme elle-même), à la connaissance de l’Ame-Tout et deviendra un avec elle ».

Alice A. Baley,  LA LUMIERE DE L’AME LES YOGA SUTRAS DE PATANJALI

 

En conclusion, la méditation a pour but de réaliser l’union de l’homme dans ces trois aspects, de l’aligner avec son Divin Maître. Elle permet un changement radical dans l’existence de son pratiquant. Par la prise de conscience progressive et la connaissance du Soi Supérieur qu’occasionne la pratique régulière de la méditation, son pratiquant est porté à adopter un mode de vie quotidienne pleinement éveillé. La méditation demeure un moyen sûr pour vaincre l’homme inférieur et faire naître en soi la lumière de l’Ame. 

La réussite de ce travail et sa pleine absorption dépend de la capacité de détachement de chacun qui se traduira par la pratique désintéressée de ses fruits ; la capacité à méditer sans se soucier des résultats obtenus. 

 

La prise de conscience de soi dans ses différentes manifestations 

 

« Lorsque vous vous connaîtrez, alors on vous connaîtra, et vous saurez que c’est vous les fils du Père qui est vivant. Mais si vous ne vous connaissez point, alors vous serez dans un dénuement, et c’est vous [qui serez] le dénuement ! »

Evangile apocryphe de Thomas DIDYME, Loggion 3

« Que le Dieu de paix lui-même vous sanctifie totalement, que votre esprit, votre âme et votre corps soient parfaitement gardés pour être irréprochables lors de la venue de notre Seigneur Jésus-Christ ».

1-Thessaloniciens 5, 23 

 

La prise de conscience de SOI passe nécessairement par la connaissance préalable de l’Homme, de ses composantes les plus denses à celles qui sont les plus subtiles. Nous choisissons afin de donner une vision générale de cette connaissance que nous devons avoir de nous, de définir et de commenter le mot égyptien « MESKA » signifiant peau d’animal et d’étendre à ce point, nos réflexions vers des perceptions touchant plus directement à l’homme dans son fonctionnement.

 

Le mot égyptien « MESKA » peut être décomposé en deux parties : MES – KA. Il signifie,  produit du KA et il peut s’écrire aussi MESKHAT

Figure 1 : Le MESKHAT

 

Le mot « MES » quant à lui est représenté par le premier symbole figurant trois peaux d’animal jointes à leur sommet. Il exprime des réalités connexes à savoir entre autre, la naissance, l’enfantement, l’engendré, la génération, la forme, le façonnage…

 

Le hiéroglyphe utilisé pour MES rappelle le concept de l’homme en tant que triade (être possédant trois dimension) ; ces trois aspects ou trois « peaux » de l’homme étant corps, âme et esprit. 

 

Papus dans son ouvrage intitulé Comment est constitué l’être humain présente de façon évolutive la triplicité de l’homme et en l’Homme. A la question de savoir si l’Etre humain est constitué par un corps mortel et par un esprit immortel, sans autre Principe, Papus répond ceci. 

 

« A cette affirmation dogmatique de certains théologiens et de beaucoup de philosophes nous répondrons encore NON. En invoquant les principales raisons suivantes : 

A- L’Anatomie nous montre en l’homme deux systèmes nerveux distincts servis chacun par un genre de muscles. D’abord le système nerveux conscient servi par les muscles striés; puis le système nerveux inconscient ou de la vie organique servi par les, muscles à fibres lisses. 

B- La physiologie nous montre que, pendant le sommeil ordinaire, le système conscient cesse toutes ses fonctions alors que le système nerveux ganglionnaire poursuit et active toutes les siennes. Cette dualité des systèmes, doit impliquer la dualité des principes constituants.  

C- Toute la tradition égyptienne, kabbalistique, gnostique, hermétique, corroborée par saint Paul, affirme l’existence d’un Principe INTERMEDIAIRE  entre le corps mortel et l’Esprit immortel, Principe appelé par saint Paul, anima, dans sa distinction corpus, anima et spiritus. 

Une foule d’expériences d’occultisme prouve la possibilité de projeter ce principe intermédiaire hors du corps pendant la vie. 

 

Figure 2 : Démonstration du principe intermédiaire en L’Homme

 

« Je suppose que le corps n’est autre chose qu’une statue ou machine de terre, que Dieu forme exprès, pour la rendre la plus semblable à nous qu’il est possible : en sorte que non seulement il lui donne au dehors la couleur et la figure de tous nos membres, mais aussi qu’il met au-dedans, toutes les pièces qui sont requises pour faire qu’elle marche, qu’elle mange, qu’elle respire, et enfin qu’elle imite toutes celles de nos fonctions qui peuvent être imaginées procéder de la matière et ne dépendre que de la disposition de nos organes ». 

René Descartes, L’HOMME vers 1630

 

« Lors du 8ème concile de Constantinople, en 869  , l’église définit l’être humain par un corps et une âme. Au point où, en 1311, Clément V convoque le concile de Vienne et prononce l’anathème (excommunication) contre toute personne qui prétend que l’Esprit est la troisième composition de l’être humain. 

Le « corps-âme-Esprit » des philosophes antiques est ainsi nié… Nous entrons alors dans ce que l’on appelle l’obscurantisme religieux et il nous faudra attendre le XXème siècle pour que des scientifiques réintègrent la notion d’esprit, d’inconscient collectif… etc. Les premières avancées dans ce que l’on appelle la physique quantique confortent ces données de l’existence d’un esprit, non physique. Pourtant, la Tradition enseigne depuis des millénaire la loi fondamentale du Ternaire. Tout ce qui vit est ternaire… à l’image de l’arbre qui puise sa nourriture dans le sol et sa force dans l’énergie du Soleil – tronc, racines et feuilles sont indissociables. Papus nous symbolise la loi du Ternaire par l’image du fiacre : habitacle (fiacre) – attelage (énergie motrice) – et cocher (intelligence directrice). Ces trois parties sont indissociables pour que l’ensemble puisse rouler correctement et remplir sa fonction. Cette connaissance nous amène à reconsidérer l’être vivant : l’homme dans son ternaire originel : Corps – Âme – Esprit. Ainsi : 

Le Corps donne la forme physique et permet d’agir dans et sur la matière, de se mouvoir ; L’Âme donne la conscience d’être, d’exister ; L’Esprit donne l’énergie, la raison de vivre, le but… 

Il nourrit l’ensemble. C’est le Soma des Grecs. ».

R+P+ jeAn de giscORs, Ch+, synthèse de Travaux 

 

Figure 3 : L’attelage de Papus

 

Tableau 1: Les trois principes de l’homme (Table de correspondances des noms dans diverses écoles et traditions)

 

Il est clair de ce qui précède que l’un des objectifs clés de tout travail spirituel consiste entre autre à créer une harmonie parfaite, un alignement entre ces trois corps ou plan ou niveau. 

 

Les trois corps ou centres autonomes et interdépendants sont ce que nous nommons dans notre académie, « trois cerveaux » qui dirigent l’être humain. Ils représentent des points d’accès vers les réalités les plus symboliques et quasi-subtiles (Corps, Ame, Esprit). Ces trois cerveaux possèdent l’avantage d’être à notre portée, c’est-à-dire concrètement localisable dans le corps. Les tableaux et figures analytiques nous éclaireront succinctement sur ces trois cerveaux et sur l’alchimie intérieure qui s’opère dans tout pratiquant rompu à l’art de la méditation. 

 

Nous les appelons cerveaux car il s’agit de centres ayant leurs sièges localisés dans le corps humain et possédant une intelligence qui leur est spécifique. Ils communiquent entre eux mais chez des personnes n’ayant pas atteint une bonne maîtrise de leur fonctionnement, un cerveau peut dominer les deux autres ou deux peuvent s’associer pour noyauter le dernier. Ceci justifie qu’il y ait des personnes très émotives ou d’autres encore n’ayant foi qu’en la logique de leur raisonnement ou d’autres enfin sans contenance, réagissant de façon émotive donc sans pondération face à des situations précises de la vie. 

Une colère déclenchée peut être le fait d’une logique quasi imbattable à court d’argument. Une rancune tenace pourra être liée à une forte liaison avec des douleurs passées qui éveillent de vives émotions. La sclérose face à un évènement déclenchant une grosse peur s’expliquer par un blocage complet de la dynamique de ces trois centres… 

 

Chaque centre tente naturellement de prouver sa bonne foi aux autres centres ou bien les cerveaux agissent constamment dans l’optique de se convaincre les uns les autres de la véracité de leur démarche. Or, de leur harmonie parfaite nait et s’impulse la dynamique de la volonté propre, cette volonté assise sur une réelle capacité à réaliser, une pleine conscience de son potentiel et une aptitude à exercer cette dite force dans sa totalité : le « JE VEUX parce que JE PEUX ». 

 

Figure 4 : l’Homme  et ses trois cerveaux

 

Les trois cerveaux possèdent chacun deux sous cerveaux afin de les mettre en liaison avec les deux autres cerveaux. Cela fait au total, 3 cerveaux et 6 sous cerveaux. 

Le travail sur les trois cerveaux permet d’acquérir des qualités plus que désirables par tout Cherchant. Ainsi, un travail appliqué sur chacun d’eux procède d’une véritable alchimie intérieure, d’un travail sur le SOI-MEME. 

 

C’est le sens pratique du VITRIOL  cher aux Franc-maçons. 

 

Un tel travail assure la maîtrise du SOI, la pleine conscience, l’éveil et le discernement face à l’illusion. Voyons avec un peu plus de détails, leurs fonctionnements. 

 

Le cerveau Intellectuel 

 

« Le cerveau intellectuel est le siège des pensées, de l’intelligence, c’est-à-dire de la possibilité de raisonner. Il s’agit de logique pure, froide : par exemple, 1+1=2. 

Siège des pensées, de l’intelligence, c’est à dire de la possibilité de raisonner, il est le lieu où la peur trouve un écho paralysant, accélérant ou détraquant tout le système nerveux. Il est le cerveau le plus difficile à maîtriser, car il règne en Maître sur le corps physique.

Pour vous convaincre de son autonomie, il vous suffit de faire l’expérience suivante : prenez un objet, n’importe lequel. Concentrez votre attention sur lui sans permettre à votre cerveau  par associations d’idées de vous amener ailleurs. Combien de temps tenez-vous ? 

Cet exercice répété chaque jour vous permettra de reprendre le contrôle de ce dernier et vous préparera à la pratique de la méditation. »

On peut peut-être tenter d’en circonscrire l’étude en nous limitant aux aspects conscience, inconscient et subconscient. Comme le montre la figure ci-après, l’inconscient est un sous cerveau mettant l’Intellectuel en liaison avec le Tripal tandis que le subconscient lui met en relation l’Intellectuel et le Cardiaque. 

Le cœur est le siège de l’âme et le subconscient représente un point de connexion et de matérialisation de cette Âme. Une autre étude détaillera certainement, le fonctionnement de ces entités.   

 

Figure 5 : Relation entre les trois cerveaux

 

Le cerveau animique ou cardiaque 

 

Ce cerveau est le siège des sentiments et plus précisément de l’Amour et de la compassion. Il est nécessaire d’apporter plus de clarification à ces deux sentiments que sont l’Amour et la Compassion et surtout de différentier les sentiments des émotions. 

          La Compassion : Si nous ouvrons le “Dictionnaire Hachette”, nous trouverons la définition suivante : ” sentiment de pitié éprouvée devant les maux d’autrui et qui nous pousse à partager”. Tiré du latin ecclésiastique : compassion, de compati signifiant : souffrir avec. Karuna en sanscrit (alors que l’Amour se dit : Matreya dans cette même langue), est ce sentiment de l’insupportable devant la détresse d’autrui mais il ne faut pas perdre de vue que le Cherchant tout comme les soldats du Christ de jadis, fait vœu de libérer chaque être de sa souffrance en combattant la racine même de leur détresse. La compassion est une force, forme pensée qui est «pouvoir» car hautement positive pour l’être qui la met en activité à condition qu’il apprenne le détachement. Le véritable Cherchant partage la souffrance de l’univers mais ne porte pas l’univers sur son dos. 

          L’Amour : il y a Amour et amour avec, entre ces deux expressions, une multitude d’amours différents avec des “A” plus ou moins grands : notre conjoint, nos parents, nous aimons tel ou tel met, telle ou telle activité. Nous aimons ou nous aimons bien ! Le mot Amour est utilisé à toutes les sauces, exprimant,  pour la majorité des êtres,  des formes à chaque fois différentes. Le Cherchant s’arrêtera pour méditer,  une nouvelle fois, sur l’image de la mère capable d’aimer ses enfants avec la même intensité et d’aimer en même temps son mari sans pour cela renier ses parents. Le Cherchant trouvera, dans cette image, les différents plans de vibration de l’Amour. Il trouvera dans cette métaphore universelle, non des Amours différentes mais des Amours complémentaires car il n’y a pas plusieurs Amours mais plusieurs formes d’un même sentiment. Comprenez bien qu’entre l’AMOUR du CHRIST pour l’humanité et l’Amour que nous pouvons concevoir, aussi grand soit-il, il existe un monde qu’une seule incarnation ne saurait combler. Mais cet état de fait ne doit pas vous amener à concevoir plusieurs amours. L’initié dit : “je suis” et le conjugue au présent en ayant conscience de ses limitations.

 

Le cerveau tripal

 

La figure ci-dessous présente les limites du Tripal que nous devons nous appliquer à transmuter en qualités spirituelles et divines.

 

Figure 6 : Le pentagramme alchimique du Cerveau Tripal

 

Lisons ensemble un commentaire de la Loi d’Amra qui explique mieux en quoi le Tripal est le siège de l’Ego et pourquoi nous devons apprendre à en maîtriser le fonctionnement. 

 

« Selon la loi d’AMRA, le mental est créateur de l’expérience. Il est tel un coup de marteau sur un doigt qui entraîne une douleur, ou un geste tendre qui entraîne le plaisir. Le mental est le lieu où chaque émotion trouve un écho paralysant, accélérant ou détraquant. Il peut ainsi produire du poison émotionnel, un déséquilibre, qui exacerbera les émotions et leur manifestation, et qui affaiblira celui à qui il est destiné, que ce soit l’autre comme nous-mêmes. Ce poison est souvent généré lorsqu’un évènement ou une parole extérieure touche une part profonde et sensible de notre tripal. On se sent agressé, meurtri ou l’on peut se sentir euphorique et l’on attribue la raison de ces émotions à l’autre, qui est certes le déclencheur de celles-ci mais n’en est pas la cause. On ne peut que changer soi-même, ayant cherché l’origine, les raisons qui amènent notre Ego à être sans cesse en lutte, on pourra alors éviter le piège du bonheur artificiel et superficiel. Pour cela, nous n’avons besoin que de laisser tomber nos défenses. On découvrira alors que ce déséquilibre est issu de notre incapacité à nous fixer dans le présent.

Dans le mental, la pensée commence par le savoir acquis par l’expérience et stockée dans la mémoire. Cette pensée est induite par notre mémoire (anales akashiques). Elle est liée au Passé et elle en est même une résultante. Mais la pensée n’est pas simplement la somme des acquis antérieurs et extérieurs. La pensée pure, être, se situe dans le présent. Les choix et les actions dépendent de l’instant présent et non de ce qui a déjà été vécu. « Je suis » est différent de « J’ai été » et de « Je serai. » Lorsque l’Ego est maîtrisé, on n’agit plus en conséquence de son passé, mais on est le bâtisseur de son présent, tout en se projetant dans l’avenir »

 

La formation des trois Centres et la fortification de leur manteau respectif sont nécessaires pour progresser d’un plan de conscience à l’autre ; c’est-à-dire d’accéder à la grandeur enfouie en nous-mêmes par notre Auteur le Saint béni Soit-Il. 

 

Prenant comme exemple dans la mythologie grecque, le cas du héros Héraclès devant accomplir douze travaux expiatoires sous les ordres de son cousin Eurysthée, la construction de son manteau dit héroïque est figuré par un manteau qui lui fut offert par la déesse Athéna (version d’AA Bailey). Par ce manteau figurant symboliquement, sa capacité à maîtriser ces corps (ou centres), le héros parvenait à changer de plan de conscience afin d’exécuter ses missions. C’est le cas du voyage aux enfers ou de la visite du jardin des Hespérides. La mission d’un initié tout comme son apprentissage ne se limite pas seulement à la sphère physique. Elle va au-delà de ce plan car il doit être capable d’être reconnu comme tel, là où il se trouve et en réalité, ces plans sont enchevêtrés avec le nôtre (dont plus proche de nous que nous le pensons)

 

En quoi la méditation peut-elle aider à réussir sa vie ? 

Essai de représentation de la condition humaine 

La vie ou plus précisément l’existence humaine peut être définie comme un ensemble de contingences internes et externes sur lequel l’homme/individu n’a pas ou a peu ou a relativement de contrôle. 

L’existence humaine est assise sur les principes de communication de l’être avec son environnement et de détermination. 

L’environnement peut être décomposé en de nombreux groupes et sous groupes mais nous allons les récapituler comme suit : 

          Les êtres composés de nous, des autres, de ce qui vit à des degrés de conscience relatifs (les êtres phénoménaux  et les êtres nouménaux) ;

 

          Les choses composées de ce qui forme et occupe l’espace qui est quasi inerte (terrain, montagne, maison, véhicule). 

La communication peut être représentée comme suit :

 

Figure 7 : L’homme communicant

 

Nous la traduirons par cette capacité à recevoir, à traiter et à émettre de l’information sous diverses formes. Vu sous cet angle, nous constatons que l’on peut en tant qu’humain, communiquer par divers moyens autres que la parole. La communication peut se concevoir aussi comme une dynamique dans laquelle nous sommes engagés chaque jour et où nous recevons, nous traitons, nous nous défendons, nous sélectionnons, nous stockons, nous archivons des données ; où nous concevons sur la base de ce matériel, des réponses que nous pensons adaptées aux flux extérieurs.    

 

La détermination est à notre sens, l’application de sa conscience à la découverte des moyens nécessaires pour établir une communication en harmonie avec nous-mêmes et le monde. La détermination poursuit comme objectif de parvenir à la réalisation de soi et à l’épanouissement ; être heureux, approcher le bonheur et pour les croyants, espérer la félicité. Ces deux notions appellent à des caractères dits :

          Objectifs ;

          Subjectifs. 

Le déterminisme ou la détermination de soi-même par soi-même est une réflexion dite méditative en fonction du degré de perception de celui qui la mène sur les questions basiques mais essentielles que sont : 

          D’où venons-nous ? (lieu, prise de conscience de l’espace virtuel et réel) 

          Où allons-nous ? (notion de progression, de mouvement donc de temps)

          Que faisons-nous ? (l’intervention de nous-mêmes par l’exercice de notre conscience) 

L’énigme du sphinx  à Œdipe permet de se représenter l’existence sous ses aspects les plus importants.   

La première question a pour point de départ, notre occupation d’un espace précis à l’occasion de notre naissance. Il s’agit certes d’un évènement dans le temps (date de naissance) mais il est clair qu’à ce niveau, la perception de l’individu est à la prise de conscience de lui-même en tant qu’être de chair. L’être va s’identifier par rapport au groupe dans lequel il est accueilli et peu à peu, il réagit à son nom. Il essaie ensuite de circonscrire l’espace autour de lui, prend ensuite conscience de sa forme avec sa vision de lui-même dans les objets qui le reflètent (ex. : le miroir). Il prend conscience aussi de ce qui l’entoure et palpe les objets pour les connaitre. Il sait déjà à ce stade, ce qui lui est nécessaire pour vivre. 

Il suit une éducation et cela justifie qu’il ait eu les paumes des  mains closes car il demande à recevoir. 

Après l’éducation ou presqu’en même temps survient l’apprentissage selon les cas. Mais entre-temps, l’être est devenu un individu à part entière, revendiquant sa particularité en société dans des communautés d’autres hommes. Il se présente, et il s’identifie. A la fois la culture qu’il a reçue du groupe et sa nature profonde enclose dans son subconscient feront la balance pour révéler une part relative de lui-même dans sa quintessence. Durant son apprentissage et appuyé des exemples qui foisonnent autour de lui, il choisit des voies, prend des décisions, se fixe déjà des objectifs, définit  de ce à quoi il aspire et en fonction de sa soif d’en apprendre plus ou moins sur lui-même, se pose les deux dernières questions. Là aussi, ses paumes de mains ont entamé une progressive ouverture et il en acquiert le contrôle ; il peut décider : 

          De donner ou 

          De retenir.  

Il saura qu’il peut se déterminer avec l’une ou l’autre des deux dernières questions ou avec les deux. Il va donc planifier sur ces quelques bases :

          Sa vision de ce qu’il doit faire ; 

          Sa définition du bonheur et du bien être ;

          Sa quête du bonheur ;

          La prise de conscience des incidences de son environnement sur lui-même ;

          Sa capacité à influencer aussi son environnement et à en acquérir une quasi-maitrise…

Nous nous garderons de répondre à la question de savoir qu’elle est la bonne démarche. Chacun mène une réflexion tôt ou tard sur son existence avec comme principal objectif de parvenir à : 

          une meilleure estime de soi et à une confiance absolue en soi-même ;

          la recherche de l’équilibre conduisant à la réalisation de soi objective et subjective ;

          la recherche de la maîtrise des agressions de notre environnement ;

          la quête du bonheur conçu soit comme une aspiration profonde et une notion purement humaine ou soit comme une utopie, ou soit comme un symbole ou soit comme les trois ; 

          la quête du sens profond des choses… 

Et, la méditation est une porte vers des réponses subjectives (intérieures à nous, assises sur notre précognition maitrisant nos expériences), et des observations et interprétations objectives (notre compréhension des réponses  de la nature et du cosmos).  

 

L’impact de la méditation 

 

L’impact de la méditation peut être synthétisé selon notre point de vue en ces trois voies : 

          La voie du SOI 

          La voie du TOUT 

          La voie de la CONSCIENCE 

La première nous renvoie à la définition que nous avons faite de la méditation au point 1.1. 

La méditation touche à nous-mêmes et notre vie sociale. Elle est une démarche responsable dans notre vie et dans notre relation avec nous-mêmes et avec les autres (YAMAS et NYAMAS). 

La méditation est ensuite un facteur de discipline pour parvenir aux objectifs de responsabilité ci-dessus par la conscience de nous et des autres et par le respect de toutes ces parties (POSTURE). 

La méditation est aussi la prise de conscience que, ce que nous vivons en tant qu’être tout comme le ressentir de cette vie est un cadeau qui peut s’estomper d’un claquement de doigt (RESPIRATION) ; donc que ce que nous vivons  ne dépend  pas de nous car nous ne pouvons répondre efficacement aux préoccupations que soulève le POURQUOI.

La méditation est surtout dans son cheminement, la voie du CARPE DIEM  tant, elle doit aboutir à la canalisation de nos êtres nouménaux : pensées, sentiments, émotions, désirs, etc. (CONCENTRATION)

La méditation est la MEDITATION car à ce stade, nous pouvons consciemment orienter notre esprit dans la quête soit de la vérité, soit d’un état d’être qui est en soi une vérité de niveau supérieur quand cela est bien ressenti. 

Là, nous sommes dans la deuxième voie et notre perception s’étend mieux aux réalités naturelles et cosmiques. Nous réalisons pas à pas et pleinement, la supériorité de ce qui nous entoure et là il y a soit naissance, soit renforcement d’une croyance.  Nous sommes dès lors sur la troisième voie (CONSCIENCE-CONTEMPLATION DYNAMIQUE).

 

La méditation Calme et Apaise. Cela est bénéfique pour notre santé à de nombreux niveaux.  

 

Là encore, la preuve est faite que la méditation est à la fois, un ensemble de techniques et en même temps, un processus, une démarche, une méthode. 

 

« Quelle que soit la façon dont on se représente le but à atteindre par le YOGA , que ce soit la communion avec Dieu, l’arrivée au plan de conscience de l’Absolu, la prise de conscience de sa propre vérité, ou même une plus grande liberté dans la vie, tous ces buts que l’Hindouisme  désigne par le terme général de « libération » (moksha), le Karma-Yoga y conduit tout aussi bien que n’importe quel autre yoga »…

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